Couloir mixte bus / espace vélo : comment éviter les risques ?

Par Olivier DARMON – Publié le 27 février 2026 – Illustration : Romainbehar – Wikimedia Commons
Couloir mixte bus / espace vélo : comment éviter les risques ?
🤔 La problématique
Le vélo capte maintenant, en zones urbaines, une part importante des déplacements de proximité.
Se pose désormais la question de l’espace qui doit leur être réservé sur les voies de circulation, et en particulier sur l’opportunité de créer des voies mixtes vélos / bus.
Même s’ils sont parfaitement légaux, l’aménagement de ces couloirs génère des risques physiques et juridiques pour :
🚍 les conducteurs de bus ;
🚴 les cyclistes ;
🏛️ et surtout, la collectivité elle-même.
Quels sont-ils et comment les éviter ?
💡 Notre solution
La cohabitation parfaitement sécurisée, dans un même espace, d’un véhicule de 15 à 20 tonnes avec un autre de quelques kilos est un objectif inatteignable, en raison en particulier de conflits d’usage impossibles à éliminer.
En effet, une même infrastructure de transport ne peut, en théorie, être partagée par plusieurs catégories de véhicules si ceux-ci l’utilisent de la même manière.
Or,
🚌 un bus accélère et ralentit en permanence alors que le cycliste roule à une vitesse constante. Le bus doit donc, en phase d’accélération, doubler le cycliste pour pouvoir respecter ses horaires ;
🚴 le vélo roule à droite de la chaussée mais, quand il doit accoster à un arrêt, le conducteur de l’autobus serre lui-même à droite et doit obligatoirement s’aligner sur le trottoir. Le vélo vient alors dépasser le bus par la gauche ;
⚠️ les angles morts d’un bus sont considérables juste devant son pare-chocs, sur son flanc gauche, sur son flanc droit, et derrière lui. Un cycliste peut donc être invisible pour le conducteur de bus, ce qui crée un danger particulier, surtout lors des girations ;
🌃 cette situation est aggravée la nuit et par temps de pluie, surtout, ce qui est fréquent si le cycliste lui-même est mal éclairé.
Il nous paraît donc déraisonnable d’autoriser les cyclistes à emprunter un couloir bus si sa largeur n’est pas, au minimum, de 4,50 mètres.
De plus, cette largeur ne suffit pas à elle seule à supprimer tous les risques.
🤓 Notre conseil
Même si cela est parfaitement regrettable, le conducteur de bus est le premier à être présumé responsable en cas d’accident, dans un couloir bus (comme ailleurs) avec un cycliste (ou bien un piéton).
Il encourt une lourde responsabilité pénale (et la perte de son permis de conduire, et donc de son emploi) sachant que son employeur peut endosser toute la responsabilité civile, et donc des dommages et intérêts très conséquents.
Pour engager la responsabilité du cycliste, il est nécessaire de démontrer qu’il a commis une imprudence d’une particulière gravité et qu’il a donc participé à son propre accident.
Cependant, même si ce fait est plus rarement connu, la collectivité peut voir sa responsabilité engagée, pour les motifs suivants :
⚠️ la conception du couloir bus, des arrêts et des carrefours qui le jalonnent ne respecte pas les bonnes pratiques en la matière et a généré un danger qui a concouru à l’accident ;
🚏 la signalisation du couloir bus est incohérente, illisible, impossible à déchiffrer en quelques secondes et a également participé à la création du dommage ;
🍌 l’environnement du couloir bus, et en particulier le stationnement des véhicules particuliers et / ou des camionnettes de livraison a créé le risque ;
🛣️ les revêtements et les marquages au sol n’ont pas été entretenus, sont dégradés, et il était donc impossible de les respecter.
Les deux personnes publiques concernées, à savoir l’A.O.M. d’une part et le gestionnaire de la voirie d’autre part, doivent donc être particulièrement vigilantes dans la conception et dans la gestion de leurs infrastructures dédiées aux autobus et aux autocars, de manière à ce qu’elles aient le moins de risques possible de voir leur responsabilité engagée.